Jugement dernier
S'il me fallait un jour passer devant Saint Pierre
Exposer devant lui mon cœur à la lumière
Où mon être entier deviendrait transparent,
Que pourrais-je répondre au sujet des enfants
Qui meurent chaque jour de faim et de misère
À l'ombre de drapeaux et de vagues frontières.
Sachant que ce jour-là, il ne sera possible
De tricher, de biaiser et de mettre en avant
Selon mes habitudes d'habiles arguments,
Et que je ne pourrais tirer sur leur misère
Le rideau devenu transparent des paupières.
De moi-même, je crois, je prendrais le chemin
Et pour l'éternité choisirais le destin
De l'enfer le plus gris, pour payer leurs souffrances.
J'irais pleurer là-bas mes convictions d'enfance.
Michel Pelay